mercredi 3 décembre 2008

L'éveil à l'écriture et Antidote

Nous avons abordé dès le premier cours l’importance de l’éveil à l’écriture. La prise de conscience du lien entre l’oral et l’écrit est très importante. Dès la rentrée à l’école, il est essentiel de faire vivre aux élèves différentes activités : la dictée à l’adulte, écrire des mots d’enfant, etc. On fait en sorte de stimuler ce dernier pour l’ouvrir à l’écriture.

Nous avons eu la chance d’avoir Mme Dolorès Tam comme conférencière en classe pour nous présenter le logiciel Antidote. Elle a présenté le logiciel et plusieurs possibilités pour l’utiliser en classe avec les élèves.

Ce logiciel fait la correction des textes, mais fournit aussi bien des outils pour travailler avec la langue française. Dix dictionnaires sont à notre disposition : définitions, locutions, cooccurrences, conjugaison, synonymes, antonymes, familles, analogies, citations, anagrammes. Le logiciel indique aussi les marques d’usage, l’indice de fréquence et j’en passe! Les possibilités avec Antidote sont nombreuses.

Mme Tam a mentionné que ce logiciel est un outil précieux pour les enseignantes. On peut l’utiliser pour vivre différents jeux en classe avec les élèves. Ce logiciel peut ainsi être utile pour cet éveil à l’écriture. Différentes activités avec les rimes peuvent être conçues. De même, ce type de « dictionnaire » peut être très motivant pour les élèves. L’enfant peut chercher de manière autonome des mots, des synonymes, etc. Il est aussi possible, en groupe-classe, de faire des activités très motivantes! « L’échange et la collaboration favorisent ainsi l’apprentissage et, de ce fait, le sentiment de compétence de l’élève[1]».

De plus, en lien avec les chapitres 7 et 8 de Nadeau et Fisher[2], ce logiciel permet de vivre des activités qui amènent les élèves à réfléchir sur la langue. Le chapitre 7, des activités pour des apprentissages nouveaux, souligne l’importance de la démarche inductive et de la démarche active pour les élèves. Il est possible de créer des activités d’apprentissage qui respectent ces démarches. Conséquemment, on peut vivre en classe des activités stimulantes qui amèneront l’élève à réfléchir sur la langue, justifier son opinion et même vérifier ses hypothèses. On peut donc proposer, en utilisant ce logiciel, des activités qui touchent l’aspect linguistique. D'ailleurs, il est également possible d’inclure l’aspect graphique.

Au cours de mon stage, j’ai travaillé le thème des poèmes avec les élèves. Lors de la rédaction du poème collectif, je me suis dit qu’Antidote allait être un excellent collaborateur! En groupe-classe, nous devions créer un poème qui rime avec le son « ique ». Avant que chaque élève écrive sa phrase, nous devions faire un remue-méninges pour trouver le plus de rimes possible. Les élèves ont cherché dans le dictionnaire pour trouver les premières rimes. Par la suite, nous nous sommes référés au logiciel Antidote. Avec les caractères de remplacement tel que l’astérisque placé en début de mot, il était possible de trouver une panoplie de mots se terminant en « ique » : plus de cinq-cents mots sur la première page! Les enfants ont adoré voir autant de mots se terminant avec les lettres I Q U E. Pour trouver plus de rimes, nous avons cherché les mots dont les dernières lettres font le même son, mais se terminent par I C.

Bref, ce logiciel permet de vivre des activités suscitant l’engagement cognitif de l’élève. J’ai eu la chance en stage d’appliquer une parcelle de ce que Mme Tam a présenté en classe. Je confirme que les enfants aiment beaucoup apprendre en s’amusant, et moi aussi!




[1] NADEAU, M. et FISHER, C. (2006). La grammaire nouvelle. La comprendre et l’enseigner. Gaëtan Morin. Montréal. p.135

[2] NADEAU, M. et FISHER, C. (2006). La grammaire nouvelle. La comprendre et l’enseigner. Gaëtan Morin. Montréal. chapitres 7 et 8

mardi 2 décembre 2008

Dyslexie: la méthode EMS

Au secondaire, j’avais une bonne amie nommée Sarah (nom fictif).
De ce que je me souviens, Sarah avait droit à plus de temps pour faire ses examens et elle pouvait être seule dans un local. Parfois, elle avait même droit à ses notes. Sans en vouloir à Sarah, les personnes autour d’elle étaient quelque peu offusquées de la situation. Elle tentait du mieux qu’elle pouvait de nous expliquer sa condition : lorsqu’elle lisait les lettres devenaient toutes mélangées. Mais tous trouvaient cela injuste.

La dyslexie est peu claire pour bien des personnes. La méthode EMS[1] présentée par Louise Brazeau-Ward m’a permis de mieux comprendre les différentes formes de dyslexie possible. En tant que future enseignante, il semble important de saisir les différents symptômes. Cela se manifeste sous diverses difficultés. Plusieurs mythes courent à propos de la dyslexie. Je pense qu’il est important de clarifier cela auprès des professionnels pouvant être impliqués et aussi auprès des élèves.

En tant qu’enseignant, on doit comprendre la dyslexie pour parvenir à mieux aider et même prévenir les retards chez nos élèves. En lecture, on peut apprendre par la reconnaissance globale des mots et par une méthode plus analytique, en partant du phonème. Pour lire, les enfants doivent développer une conscience phonologique. Les mots peuvent être décomposés en phonèmes et chaque lettre correspond à un son. Toutefois, « chez les personnes dyslexiques, la partie du cerveau qui traite les phonèmes est affectée[2] ». Ici, on ne précise pas dans le texte s’il s’agit d’un type de dyslexie en particulier. Il faut donc donner des outils efficaces puisque c’est la base. Ces élèves ont besoin d’une méthode systématique, explicite et séquentielle. Il est important, pas seulement pour les enfants dyslexiques, mais pour tous les enfants, d’assurer leur acquisition de la conscience phonémique et phonologique pour éviter des difficultés en lecture. La méthode EMS est un enseignement qui permet d’utiliser simultanément toutes les aires du cerveau.

Je ne veux pas faire un résumé de l’enseignement multisensoriel simultané. Toutefois, on peut faire plusieurs liens entre cette méthode et ce que l’on a vu dans le développement de la lecture et de l’écriture chez l’enfant puisque l’on aborde l’importance de la conscience phonologique et phonémique, l’association son-symbole, les syllabes, la morphologie, la syntaxe et la sémantique. Souvent, on ne pense pas à ce que l’enseignant peut faire pour ses élèves dyslexiques, ils sont recommandés à un spécialiste. Avec cette méthode, on utilise tous les sens pour apprendre et on constate qu’on peut agir en classe et que cela aidera tous les élèves.

Dans ma classe de stage, il y a un élève dyslexique. Ce que nous devons principalement faire est de lui fournir une règle de lecture jaune qui lui permet de mieux voir les lettres (c’est une courte règle jaune translucide qui facilite la lecture), lui agrandir au besoin ses feuilles et bien prononcer nos mots. Il est capable de bien suivre en classe, il a une excellente compréhension. Il a principalement besoin d’une aide pour écrire sa pensée. C’est principalement les spécialistes qui s’occupent des spécificités. Ses parents ont choisi que leur enfant s’intègre bien aux élèves du groupe. Ici, je n’ai pas envie d’entrer plus en détail.

Pour mon amie Sarah, je ne sais pas si elle éprouve encore des difficultés aujourd’hui et si elle avait reçu un enseignement spécialisé. Peut-être que si les enseignants étaient en connaissance de cause à l’époque, leur enseignement de la lecture et de l’écriture aurait été adapté afin de prévenir toutes difficultés. Parfois, le dépistage se fait tardivement…

La question que je me pose : est-ce que cela respecte la démarche inductive?


[1] BRAZEAU-WARD, L. (1998). La méthode EMS. Centre canadien de la dyslexie (CDC) inc. Ottawa.

[2] BRAZEAU-WARD, L. (1998). La méthode EMS. Centre canadien de la dyslexie (CDC) inc. Ottawa. p. 12

Photographe: Arthur Sasse, © Bettmann/CORBIS

Source: nital.it